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Catégories : écologie, politique, économie
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 9 février 2011
Mise à jour : 4 juillet 2011

Une fiction

... qui n'est pas un conte de fée

Il était une fois un village africain. Les habitants y vivaient du fruit de leur terre et de leur labeur. Ils n'étaient ni riches, ni pauvres. Le travail de la terre était rude, mais elle leur fournissait en retour tout le nécessaire pour assurer leur vie quotidienne et nourrir leurs enfants.

Un jour des hommes blancs arrivèrent dans ces coins reculés et les habitants virent pour la première fois des machines puissantes pourfendre les flancs de leur terre-mère. Ces étrangers emportèrent dans leur bagages des échantillons de ce qu'ils avaient trouvé. Quelques semaines plus tard, arrivent d'autres étrangers, en Jeep, accompagnés du gouverneur local. Ils demandent à parler au chef du village, puis on rassemble tout le village. Le gouverneur explique que les étrangers veulent acheter leur terre car ils y ont trouvé quelque chose de très précieux: du coltan. Chaque famille recevra une bonne somme d'argent en dédommagement et on leur donnera d'autres terrains, un peu plus loin.

Les villageois ne comprennent pas ce qui leur arrive. Mais la somme d'argent leur fait envie et puisqu'on leur propose d'autres terres, ils acceptent. Le temps passe. Des camions, des machines, des outils envahissent la colline et les paysans doivent précipiter leur départ. Les récoltes sont saccagées, la terre est éventrée, il faut partir.

 

Dans le nouveau village, tout doit être repris à zéro, les labours, les semences… La terre est dure. Le manioc ne pousse pas bien. Les étrangers reviennent: ceux qui le veulent peuvent s'embaucher dans la mine. Ils auront un salaire, même les enfants peuvent y aller… Encore une fois, ils se laissent convaincre.

Le travail dans la mine est pénible, certains tombent malades. Le salaire est misérable. La nourriture vient à manquer.

 

Les camions chargés du minerai quittent le village et s'en vont très très loin. Dans un pays où cette matière première sera vendue très cher, transformée et servira à fabriquer des ordinateurs, des natels, toutes sortes d'appareils qu'utilisent les hommes blancs et leurs enfants. Et ceux qui les achètent, là-bas n'ont aucune idée de ce qu'il en a coûté aux habitants du lointain pays noir; de combien sont tombés malades ou souffrent de malnutrition. Mais qu'importe? Les matières premières première, cotées en bourse, vont rapporter de gros bénéfices à ceux qui ont déjà des fortunes colossales.

 

La réalité... qui dépasse la fiction

EXTRACTION MINIÈRE ET DROIT À L'ALIMENTATION: UN BUSINESS INDIGESTE!

Un quotidien sans natel, sans ordinateur, ni voiture est impensable pour nous. Pourtant peu de gens savent que notre progrès technologique est fondé sur l'exploitation des richesses du sous-sol dans des pays en voie de développement.

En effet, la plus grande partie des matières premières se trouve en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, mais ces régions profitent à peine du commerce de leurs richesses. Au contraire, des expulsions, la pollution importante de l'environnement et les conflits autour des ressources naturelles touchent la population qui n'a plus le minimum vital: les personnes mourant de faim se chiffrent alors par millions.

 

RICHESSES DU SOUS-SOL: BÉNÉDICTION OU MALÉDICTION

Les pays les plus riches en ressources naturelles comptent parmi les plus pauvres et les plus déchirés par les conflits dans le monde. Les droits et les revendications de la population sont foulés aux pieds, en raison de la faiblesse de certains gouvernements, de la corruption et du pouvoir sans limites qu’exercent les entreprises multinationales.

 

POUR UN COMMERCE ÉQUITABLE DES MATIÈRES PREMIÈRES

Pour que le commerce des matières premières profite également aux populations des pays détenteurs de ces richesses, il est urgent que des mesures soient prises, tant au niveau local que national et international, afin que les Etats et les entreprises assument leurs responsabilités.

 

OBTENIR L'ACCORD DES POPULATIONS

Drôles d’hôtes que ces entreprises minières qui profitent des précieuses ressources du pays qui les accueille! Leur devoir serait de trouver des solutions équitables et durables pour les communautés. La réalité est en général malheureusement bien différente. Les communautés se retrouvent encore et encore expulsées de leur lieu d’habitation. Les pollutions dues à l’extraction des matières premières leur font perdre terres, forêts et pêcheries, c’est-à-dire les bases de leur vie.



Informations tirées du site: www.droitalimentation.ch