Réseau solidarité

Se ressourcer spirituellement - penser globalement - agir localement

Accueil > Engagements > Echanger > La vertu de l'exemple
Catégories : environnement, politique, économie
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 28 décembre 2009
Mise à jour : 8 février 2010

La déception de l’échec de la conférence de Copenhague va-t-elle étouffer notre détermination à poursuivre la lutte pour la croissance verte?

Plus que jamais l’engagement pour une civilisation du partage qui refuse les inégalités, le pillage et la dégradation des ressources de la planète et qui  favorise la croissance verte et solidaire est la voie de l’avenir.

Un article de Stéphane Madaule, dans le Monde du 28 décembre 2010, préconise cette piste, pour la France et  l’Europe. Extraits.

Sommet de Copenhague sur le climat:
vertu de l'exemple contre spirale de l'échec

Après l’échec de la conférence de Copenhague, «il faut donc passer du rêve utopique du consensus général mais inatteignable aux vertus de l'exemple. La France comme l'Europe dans son ensemble n'ont que des avantages à être précurseurs dans ce domaine. La croissance verte et solidaire peut être leur nouvel atout politique et économique face à l'inertie des superpuissances. D'aucuns diront que la France et l'Europe ne peuvent aller seules sur cette voie, de peur de lester leur compétitivité face à leurs associés rivaux? Ce n'est pas vrai.

Les nouvelles technologies de la croissance verte et solidaire sont justement les atouts d'une économie de demain. La société de la sobriété et du partage constitue notre futur. Rien n'empêche la France ou l'Europe de favoriser ce modèle, et au besoin en se protégeant des importations qui n'acquittent pas le juste prix de leur pollution.

De plus, la réaffirmation effective d'une solidarité forte vis-à-vis des pays du Sud est le meilleur signe du passage d'une civilisation en coma dépassé basée sur une compétition barbare - la guerre économique à n'importe quel prix social et environnemental - à une civilisation du partage qui refuse les inégalités, le pillage et la dégradation des ressources de la planète. Investir maintenant dans ce nouveau modèle constituera un atout majeur pour la France et l'Europe. Croire aux vertus de l'exemple, à sa capacité d'attraction, ne plus accepter le diktat de ceux qui préfèrent la paralysie à l'action.

Le Royaume-Uni vient de nous montrer la voie sur le plan de la spéculation financière. La taxation des bonus à 50% est finalement possible, sans préalable, sans attendre la réciproque chez la concurrence, sans craindre le naufrage de la City. Le Royaume-Uni n'a plus peur de l'isolement, il redevient acteur de son propre destin et desserre les cordons de sa dépendance au conformisme du "comme tout le monde". Déjà, la France lui emboîte le pas, avant, n'en doutons pas, bien d'autres pays. Qui a dit que les Etats ne pouvaient plus agir ? Qui voudrait faire croire que les blocs - Etats-Unis et Chine en tête -, lourds pachydermes aux pieds d'argile, sont suffisamment mobiles pour s'adapter rapidement?

La vertu de l'exemple comme alternative au manque de consensus. La vertu de l'exemple face à la logique périmée des rapports de forces. La vertu de l'exemple pour la préservation d'un équilibre climatique. Voilà véritablement peut-être la révolution à accomplir pour la France et l'Europe, celle de la construction d'un nouveau modèle de société».