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Catégories : politique, social, économie
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 19 septembre 2008
Mise à jour : 22 septembre 2008

Les laissés-pour-compte du «miracle économique» indien

A partir d'un article publié dans l’Express du 18 septembre
Le suicide des paysans indiens prend des allures de catastrophe nationale. Des alternatives leur permettent d'y renoncer. Avec l'aide de la Suisse.

Suicides de paysans indiens

Le suicide des paysans indiens prend des allures de catastrophe nationale. Pour les paysans indiens, cultiver du coton transgénique* n'est pas rentable et contribue même à les endetter davantage. Le jeudi matin, Wasedu Raut quittait son domicile. Le vendredi, on retrouvait son corps au fond d'un puits. Ce paysan de 40 ans a mis fin à ses jours parce qu'il ne voyait plus d'issue. Rien que ces sept derniers mois, 156 paysans se sont ôté la vie dans les environs de la ville de Nagpur parce qu'ils ne parvenaient pas à rembourser leurs dettes.

Trois exemples alternatifs

- Vers le milieu des années nonante en effet, Sharma en a eu assez des produits chimiques. Ses revenus chutaient, le prix de l'engrais, des pesticides et des semences ne cessaient d'augmenter. «Je travaillais dur, mais ne réalisais plus aucun bénéfice», raconte-t-il. Alors, il s'est tourné vers l'agriculture organique (ou biologique), et entre-temps, sa ferme est devenu un modèle du genre.

- Shambhu Mahurle, lui, avait capitulé devant les trop grandes difficultés. Il était surendetté, il avait dû donner ses terres à louer, avait commencé à boire, et son créancier lui prenait 50% d'intérêts. Shambhu ne voyait plus d'issue, jusqu'au jour où il entendit parler de Dharamitra, une organisation partenaire de Swissaid. Celle-ci aide les petits paysans à faire le saut de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture organique.
Alors Shambu et son épouse Anusaya ont appris comment, grâce au mélange de plusieurs plantes, on pouvait obtenir des récoltes durant toute l'année, et ce avec moins de parasites et un sol plus fertile. Depuis, l'exploitation de sa terre lui ramène à nouveau de l'argent. Les arbres fruitiers qu'il a plantés à la lisière de ses champs lui offrent un revenu supplémentaire, et il a remboursé toutes ses dettes.

- Depuis qu'il a délaissé les produits chimiques et les semences industrielles, Bhimrao Chinchalkar vit à nouveau du produit de sa ferme. «La plupart des paysans ne notent pas ce qu'ils dépensent et ce qu'ils gagnent», dit Bhimrao. «Ainsi, ils ne remarquent pas qu'ils font des pertes même s'ils travaillent dur pendant toute l'année.»
Dharamitra l'a aidé à opérer sa mue. Cette organisation a soutenu plus de 1000 paysans de la région qui voulaient se reconvertir à l'agriculture bio - la préservation de l'environnement en plus. Elle contribue également à la construction de réservoirs d'eau de pluie et gère une banque de semences.

AGNES TANDLER YAVATMAL
Résumé par Thérèse Schwab

*Pour en savoir plus, voir notre article le monde selon Monsanto

Aider ou pas? Et si oui, dans quelles proportions?

L'aide aux pays en développement est depuis plusieurs semaines à l'agenda du débat politique. Le 18 septembre, le Conseil des Etats a accepté d’augmenter la part de 0,5% du PIB d’ici 2015. C'est un petit pas, timide, qui va cependant dans le sens de la pétition 0,7 munie de plus de 200'000 signatures déposée par les œuvres d’entraide auprès des chambres fédérales.

A quoi cet argent doit-il servir?

La manière dont cet argent est utilisé a beaucoup changé au fil du temps. Exemple: Swissaid, concentre son action sur le principe qui consiste à aider les populations les plus pauvres à s'aider elles-mêmes, à leur fournir un coup de pouce ponctuel. Au centre de ces programmes figure un appui à l'agriculture organique, laquelle, dans un contexte de précarité financière et d'épuisement des sols, permet aux petits paysans d'obtenir des résultats excellents, tant sur le plan du rendement que de la valorisation des terres.