Réseau solidarité

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Catégories : social, échanger, spiritualité
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 4 février 2010
Mise à jour : 9 février 2010

Créamission

Quoi de plus ringard que les «dames de la couture, du crochet, de la broderie», ces humbles travailleuses aux doigts agiles et au grand cœur qui ont fait les beaux jours de nos ventes de paroisse? Elles resteront à jamais irremplaçables…

Au Jura, une relève d’un autre style se prépare. Avec un beau réseau de personnes créatives dans divers domaines, Anne-Christine Horton, animatrice Terre nouvelle, a organisé le 30 janvier 2010 à Tramelan une journée d'inspiration, de création, de motivation pour les personnes engagées dans l'organisation des ventes de paroisse, appelée Créamission pour:

  • échanger pratiques et expériences autour de l’organisation des ventes de paroisse;
  • apprendre à réaliser des objets dans l’air du temps;
  • réfléchir au sens de nos actions.

Ce fut un franc succès: 40 personnes ont vécu cette journée, ont eu du bonheur à découvrir les ateliers originaux qui leur étaient proposés. Anne-Christine qui est proche de la démarche du Réseau-solidarité m'a demandé d'apporter un témoignage de ce que nous vivons. En voilà quelques extraits:

Une question me hante: pourquoi, dans les paroisses, l’église se positionne-t-elle si mollement et théoriquement pour la justice et la sauvegarde de l'environnement à un moment si crucial pour la survie de la planète? Ce manque d'engagement et d'initiatives peut-il être imputé à une culture de la soumission aux autorités, ajouté au tabou de l’engagement politique?

Mais quand, dans un monde dominé par des pouvoirs économiques iniques, les vies humaines sont bafouées, quand la survie de la planète est mise en danger, il est urgent de se réveiller. En deux siècles d’activité industrielle, l’Occident a bientôt épuisé les ressources terrestres qui ont mis des millénaires à se constituer. L’air et les terres sont pollués, le climat s’affole. On ne peut pas continuer comme ça.

Ce qui est le plus porteur pour moi dans l’expérience du Réseau-solidarité, c’est l’alliance qui nous relie à quelques-uns pour prendre ensemble soin du petit coin de terre qui nous est confié. Comme le dit Pierre Rabhi, «Celui qui prend soin de son coin de terre, prend soin de la terre entière».

C’est stimulant d’échanger nos expériences dans les domaines les plus divers: le tri des déchets, la mobilité douce, le soutien de l’agriculture de proximité, les énergies renouvelables, la sauvegarde des papillons et de la biodiversité, l’accueil des migrants…

La plupart d’entre nous ont des familles avec jeunes enfants. Les forces sont limitées. Le noyau ne se réunit que 4 fois par an, les célébrations méditatives 4 fois par an aussi qui sont ouvertes à tous les sympathisants. Le site du réseau, qui a été créé par un de nos membres est un précieux outil de communication. 

Gouttes dans l’océan
«C’est à partir des petites choses que l’on honore et dont on prend soin que les grandes choses naissent. La vie de chacun n’est vraiment faite que de petites choses». Notre évangile, c’est celui du petit grain de moutarde qui devient avec le temps un grand arbre, du levain qui fait monter la pâte, du sel qui donne goût aux aliments.

Il y a une sorte de jubilation intérieure à se savoir reliés à des personnes qui ont choisi la simplicité volontaire, la sobriété heureuse comme mode de vie. Il nous reste encore beaucoup de chemin à faire, mais l’essentiel c’est d’être en chemin. Et sur ce chemin, nous rencontrons sans cesse des personnes qui nous encouragent.

Par exemple Leonardo Boff, le prêtre sud-américain de la théologie de la libération. En conférence à Neuchâtel en novembre dernier sur la question «Quel sera le prochain pas pour l’humanité?»

«Alors que la prise de conscience des catastrophes qui menacent la survie de notre univers augmente, le rôle de l’église, témoin du Christ qui a triomphé de la mort, est d’alimenter l’espérance et de produire des utopies. Elle doit démontrer que les relations fraternelles sont plus importantes que les relations d’exploitation.

Nous pouvons faire la différence, chacun à sa place, être les participants d’une révolution moléculaire. Qui sait si un jour elle ne déclenchera pas un «tsunami des bonnes volontés». Nous devons redonner sa place à la spiritualité et rayonner de l’amour divin comme des étoiles dans la nuit. Nous sommes nés pour briller, et pas seulement pour souffrir, c'est pourquoi nous devons rayonner! Les ressources spirituelles, à la différence des ressources matérielles, sont infinies. La vie éternelle passe par nous et va de l’avant. Témoins en Christ de la vie qui triomphe de la mort, notre plus belle tâche est de raviver le goût de la vie».