Réseau solidarité

Se ressourcer spirituellement - penser globalement - agir localement

Accueil > Qui nous sommes > Lettres > Eté 2005
Catégories : économie, social
Rédacteurs :
Jean-Claude Schwab
Mise à jour : 6 juin 2008

Lettre de nouvelles de l'été 2005

[sommaire des lettres de nouvelles]

 

Nous venons de célébrer la Fête nationale suisse. Une occasion de nous laisser inspirer par l’histoire de notre pays et de faire des liens avec l’actualité. En guise de réflexion pour le mois d’août, nous vous proposons le

Message des Eglises, 1er août 2005 St-Blaise / Hauterive



«Au nom de Dieu AMEN»
Cette déclaration garde une pertinence dans l’esprit de nos autorités locales puisque (malgré la sécularisation) elles continuent à demander un message des églises dans le cadre de la célébration de la Fête nationale.

Alors: «au nom de Dieu AMEN»

Souvenons-nous comment cette parole a résonné en 1291 quand les trois Suisses aux bras noueux sont sortis de leurs retranchements, se sont engagés à résister ensemble à la puissance des Habsbourg qui les oppressait.
C’était un point de départ minuscule, presque insignifiant, mais qui était issu du peuple, et qui venait au bon moment.
Il a engendré un mouvement de ralliement progressif des autres cantons auxquels les Neuchâtelois se sont joints il y a bientôt 200 ans.

Le pays né de ce pacte reste petit, mais il a des allures de paradis. La beauté, l’abondance, la liberté nous sont presque offertes gratuitement chaque jour. La question qui se pose aujourd’hui c’est «Que faisons-nous de cet héritage?»
Faut-il rester sur nos acquis, nous barricader derrière nos belles montagnes et pratiquer la politique de l’autruche?

Pourtant la mondialisation, les menaces qui pèsent sur l’environnement, les problèmes d’approvisionnement, les menaces du terrorisme ne connaissent pas de frontières. Face aux périls qui menacent l’humanité un changement d’état d’esprit est nécessaire: Il faut oser se poser des questions, analyser la manière dont le monde fonctionne, chercher à comprendre:

  • pourquoi ce monde va vers l’échec;
  • pourquoi les nations pauvres sont toujours plus pauvres et les riches toujours plus riches;
  • pourquoi les uns enregistrent des bénéfices records et
  • pourquoi on nous demande d’économiser à tour de bras;
  • pourquoi on délocalise les entreprises;
  • pourquoi on licencie si facilement?


La Suisse est classée 18ème parmi les 21 pays industrialisés qui ont une politique qui contribue à réduire la pauvreté; presque l'avant dernière ! Nos autorités fédérales envisagent d'aller les mains vides le mois prochain à New York au sommet de l'ONU sur les «Objectifs du millénaire pour le développement». La Suisse n'a pas d'argent!  Quelle farce!

Je pense au Christ qui déjà à l'époque dénonçait l'argent comme un faux-dieu, et proposait simplement et sans simplisme un projet de vie. Il vivait de vraies relations filiales, invitait notre regard à se porter sur notre Père à tous, source de toute vie. Il proposait une autre échelle des valeurs que d'avoir des trains qui partent et arrivent à l'heure!

Comme en 1291, il est temps de sonner le réveil de l’esprit de justice, nécessaire de faire des auto-critiques, d’imaginer un nouveau pacte de résistance aux oppresseurs modernes que sont les spéculateurs financiers qui prétendent diriger le monde. Comme en 1291, ce mouvement de protestation est en train de naître dans le monde entier, là où des hommes et des femmes acceptent de se poser les questions sans réponse, n’ont pas peur de prendre leur destin en mains et de défendre les causes perdues.

Nous pouvons nous unir à ce mouvement populaire là où nous sommes… AU NOM DE DIEU AMEN.