Réseau solidarité

Se ressourcer spirituellement - penser globalement - agir localement

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Catégories : écologie, spiritualité
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 5 septembre 2009
Mise à jour : 19 octobre 2009

Un cri du cœur qui fait des vagues

A l'occasion de la rencontre festive à la Vue-des-Alpes le 4 octobre 2009 dans le but de réunir des personnes du «haut» et du «bas» du canton qui sont sensibles aux questions de sauvegarde de la Création et de justice sociale, voici une relecture du chemin que nous avons parcouru depuis la création du Réseau solidarité.

Tout a commencé il y a quatre ans par un cri du coeur:

«Seigneur, je t’aime tellement que je ne peux plus supporter de rester passiv-e, seul-e et complice des injustices qui mènent notre monde à la ruine».

Ce cri a trouvé écho auprès de quelques amis reliés de près ou de loin à la paroisse réformée de l’Entre-2-Lacs. Notre engagement a commencé par une sorte de pacte qui est devenu la charte du Réseau solidarité. Cette charte commence par ces mots:

«Dans l’émerveillement devant le génie du Créateur,
et l’enthousiasme pour la Vie,
parce que Jésus a aimé la terre et s’en est rendu solidaire,     
parce que nous nous sentons responsables à l’égard des générations futures et de nos relations avec les pays du Sud:

nous ouvrons nos yeux sur les mécanismes qui mènent le monde et nous nous engageons à être ferments d’un changement, au nom de l’amour du Christ, par respect pour nous-mêmes, pour les êtres humains et pour la création».

Intuitivement, nous sentions que «la foi ne prend corps et n’acquiert sa plénitude de sens que si elle s’incarne dans un ethos, des pratiques, des engagements citoyens, des nouveaux modes de vie, d’épargne et de consommation, les aspects les plus divers et les plus concrets de notre vie quotidienne» (Michel Maxime Egger) et nous nous sommes reliés par le mot d’ordre: «Se ressourcer spirituellement, penser globalement, agir localement».

Enracinement spirituel

Nous le trouvons en église, mais aussi dans des grands ou des petits espaces de silence, où vibre une Parole qui vient du monde invisible et qui s’incarne dans le visible. Ces espaces ne sont pas faciles à aménager lorsque vous avez une famille, un engagement à la fois professionnel, politique et ecclésial. C’est le cas de plusieurs d’entre nous. D’autres sont à la retraite et peuvent consacrer du temps à la lecture, à la méditation. Chacun trouve dans sa réalité comment se sauvegarder des petites oasis de ressourcement et nous les aménageons aussi en commun à l’occasion de nos rencontres.

A partir de nos situations diverses (voir plus bas)*, il se crée entre nous une synergie qui nous enrichit mutuellement. Nous faisons l’expérience de la dynamique de la solidarité. La promesse, l’engagement que nous avons signé nous donne de l’énergie pour ouvrir nos yeux sur l’état du monde, pour échanger des informations, pour nous positionner et pour changer certains comportements de manière libre et choisie. Il ne s’agit pas d’ajouter du stress, des contraintes et des activités à notre agenda déjà bien assez chargé, mais de développer un style de vie et des engagements en accord avec nos valeurs.

Graines de reconstruction

Depuis que nous avons établi ce lien, je n’ai plus ce désagréable sentiment d’être emportée malgré moi dans le mouvement de destruction de la planète, mais de participer à un mouvement de reconstruction.

Comme on se sent mieux sur son vélo, pédalant, respirant l’air frais, les odeurs de la terre, proche des bordures fleuries, des animaux, des humains, plutôt qu’enfermé dans sa voiture avec le sentiment désagréable de laisser derrière soi un nuage de gaz polluant…

Comme c’est gai de recevoir, avec des familles amies, les fruits et légumes de la région livrés par la Belle bleue.

Comme ça fait plaisir de voir les papillons visiter la plate-bande de fleurs indigènes qui a remplacé les cotoneasters, les géraniums et autres fleurs exotiques.

Comme c’est motivant de sillonner les chemins du village avec les responsables de la voirie de notre commune pour mettre en place un entretien différencié des bordures afin de favoriser la biodiversité et la nature en milieu urbain.

Comme c’est interpelant de découvrir la destinée des requérants refoulés à nos frontières et de s’impliquer dans une journée en faveur du droit d’asile.

Comme c’est passionnant de découvrir l’écospiritualité développée par le théologien orthodoxe Michel Maxime Egger à l’occasion de la campagne Terre nouvelle en faveur du climat.

Small is beautifull

«C’est à partir des petites choses que l’on honore et dont on prend soin que les grandes choses naissent. La vie de chacun n’est vraiment faite que de petites choses. La grandeur est une abstraction mentale, le fantasme favori de l’ego. Il y a un paradoxe qui veut qu’honorer les petites choses du moment présent, au lieu de poursuivre l’idée de grandeur, serve de fondation à la grandeur. Le moment présent est toujours petit dans le sens où il est toujours simple. Mais au fond de lui se cache le plus grand des pouvoirs» Eckart Tolle, Nouvelle Terre.

Tout en ayant le désir d’être ferments d’espérance en église et dans la société, nous avons senti dès le départ que nous n’avions pas à militer pour attirer des membres et agrandir notre groupe. Nous pensons que si nous vivons au plus près de notre appel, la Vie se chargera de donner du fruit à ce que nous semons. La vision qui nous porte et les défis des crises majeures dans lesquelles se trouve le monde nous paraissent suffisamment importants pour ne pas être mis «sous le boisseau». Pour nous encourager à persévérer, la rencontre d'autres personnes ou groupes qui unissent de façon concrète foi et écologie dans notre canton sera un moment important pour nous.

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*) Nos situations et motivations…

Mark, gérant de l'entreprise Ecodev (voir l'émission Passerelles):
Admiratif devant la beauté et la diversité de la Création

B
ouleversé par les dégâts que nous avons réussis à causer en si peu de temps
Cherchant à trouver un mode de vie qui puisse être en harmonie et en équilibre avec l’Environnement au sens large
Désireux d’être aussi cohérent que possible entre ce que je sais (qu’il faudrait faire) et ce que je fais
E
ssayant d'approfondir l'ABC de mes connaissances et expériences au-delà des premières lettres de l’alphabète, j’ai trouvé dans le projet «Réseau Solidarité» deux notes (Ré-Sol ;–) qui (re)donnent de l’entrain à cette démarche pour l'aujourd'hui et le demain.

Pour Edouard, agriculteur bio depuis longtemps, s'inscrire dans le Réseau c'est un réconfort de faire son travail quotidien en sachant que d'autres partagent sa vision de la terre.
Pour Isabelle, son épouse, informaticienne: Je n’ai plus envie de rester passive (voir fataliste) face aux problèmes de notre monde. 
Je pense qu’un site Internet est un bon moyen de communication et qu’il est important d’investir le  «web» avec des sites qui ont du sens.
Katia, infirmière: J’ai choisi de devenir un relai pour l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) et de rejoindre le Noyau du Réseau pour porter avec d’autres le souci des petits gestes quotidiens qui changent la face du monde.
Jean-Claude, pasteur: Je sens en moi l'appel de relier la joie de vivre dans ce monde avec l'engagement pour les causes perdues.
Gilles Piller, installateur sanitaire: Je suis intéressé par un engagement pratique et désire m’inscrire dans un réseau d’échanges concrets.
Jeannette, enseignante: Je suis dynamisée par l'appartenance au réseau, je m'engage pour le droit d'asile, la solidarité avec les plus démunis.
Thérèse, potière: Le fait que le réseau existe, les échanges entre les membres, me donnent l'impression de participer à la belle aventure d'une terre en devenir.