Réseau solidarité

Se ressourcer spirituellement - penser globalement - agir localement

Accueil > Spiritualité > Balade pour une âme perdue
Catégories : spiritualité
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 27 septembre 2009
Mise à jour : 19 octobre 2009

A la source de nos engagements:
Ballade pour une âme perdue (1)…

«A quoi servirait-il à un homme de gagner le monde si son âme se perdait?» disait Jésus à ses amis. Que pèse une âme, quelle place a-t-elle dans un environnement où tout nous pousse à orienter notre énergie vers l’extérieur, à être efficaces et performants?

Si nous ne sommes pas de ceux qui cherchent à gagner le monde par l’acquisition de biens matériels ou en cherchant le pouvoir et la notoriété, nous sommes peut-être de ceux qui prennent sur eux de sauver le monde.
Dans un cas comme dans l’autre, notre âme risque de se perdre, soit engloutie par l’avidité, soit écrasée par la tâche surhumaine que nous nous imposons…

Retrouver notre âme passe par un geste de la plus grande simplicité, si simple que nous pourrions le mépriser ou l’oublier. Il commence par quelque chose qui ressemble à RIEN et qui se situe dans notre corps: un temps d’arrêt, qui amorce le passage du monde extérieur vers le monde intérieur.

Ce passage vers nous-mêmes, nous le vivons parfois spontanément, sans y penser, à l’occasion d’une promenade solitaire en forêt, ou au bord du lac: L’air que je respire, les odeurs subtiles de la nature, les bruissements du vent dans les arbres, le chant des oiseaux, la sensation physique que l’environnement produit en moi, me plongent soudain dans une autre dimension de la conscience de l’être. J’ai le sentiment d’être au cœur de moi et au cœur du monde, entier, heureux.

Les sportifs, ou les personnes qui chassent par le jogging le stress d’une journée de travail harassante font des expériences similaires, paraît-il. Chacun trouve sa manière à lui. Pour certains, c'est le chemin de la maison au lieu de travail qui devient ce moment privilégié où l'âme respire, où l'être intérieur retrouve son espace.

Le départ, un retour

Si nous en avons la possibilité, une belle manière de retrouver notre âme est de mettre à part un temps spécial dans notre journée (ou notre semaine), un moment tranquille pour retrouver accès à l’Être. La démarche est simple mais elle demande de la détermination. Il faut y aller seul, mais il y a toujours Quelqu'un qui nous précède. Paul ne priait-il pas à genoux «afin que, par le pouvoir du Souffle ses amis soient rendus puissants pour l'être intérieur?»

«Toi quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père. Et ton Père qui est là dans le secret te le rendra».

De la chambre extérieure, j'amorce le passage vers la chambre intérieure:
Je m’installe confortablement, j’allume une bougie, je me «pose»;
Je m’ouvre au moment présent, je calme le flux de mes pensées;
Je dirige mon attention vers la terre
Je sens les points de contact avec le sol, sous les pieds, le poids de mon corps sur le siège.
Je sens mes membres devenir lourds, j'entre dans la sensation de la pesanteur.

En fait, ce n'est pas mon corps qui est lourd, en soi. Si j’étais sur la lune, ou dans l’espace, ce serait tout différent. C'est la force d'attraction terrestre qui agit.

Cette force qui me maintient contre la terre, n'est pas un étau, c'est la douceur infinie de l'Etre qui a voulu ma destinée solidaire de celle de la terre. Elle agit dans chaque cellule de mon corps. Je peux m'abandonner à elle, m'en remettre à elle. Et retrouver la prière des psaumes: «Il a mis mes pieds sur le roc. Il est mon refuge, ma forterresse, le Dieu fort sur qui je m'appuie».

L’insoutenable légèreté de l’être

Relié à la matière, à la pesanteur par mon corps, je sens maintenant à l’intérieur de  mon enveloppe physique:
la légèreté du souffle qui passe par mes narines,
le va-et-vient de mon souffle…
sa fraîcheur sur l’inspire – sa chaleur sur l’expire.

C’est comme une brise qui passe et qui me visite de l’intérieur.
C’est bon, j’en prends davantage,
mon souffle gagne en ampleur.
Je me concentre sur la région du cœur et des poumons;
tout naturellement, mon espace intérieur s’élargit,
je suis au centre de moi-même.
En même temps une grande ouverture se crée,
de l'intérieur éclate un espace aussi vaste que le ciel.

 

La tête dans les étoiles, les pieds sur terre

Après cette grande respiration, je suis prêt à me mettre en route pour mes activités. Une prière amérindienne me rejoint dans ce passage:

«O, Grand Esprit
Dont j'entends la voix dans le vent, et dont le souffle donne vie a l'univers entier, écoute moi.
Je suis ton enfant de lumière. J'ai besoin de connaître ton amour.
Permets-moi de marcher en beauté et fait que mes yeux soient toujours émerveillés par le rouge et le violet des couchers de soleil.
Fais que mes mains respectent les choses que tu as faites et que mes oreilles soient attentives à ta voix.
Donne moi la sagesse pour que je puisse comprendre ce que tu nous enseignes.
Permets-moi d'apprendre les leçons que tu caches sous les feuilles et les pierres.
Je demande la force non pas pour dominer mes frères, mais pour combattre mon plus grand ennemi, moi-même».

(à suivre…)