Réseau solidarité

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Catégories : politique, spiritualité
Rédacteurs :
Sylvie Perrin Amstutz
Publication : 24 octobre 2010
Mise à jour : 23 novembre 2010

Tous ces affamés…
qu'ils s'en aillent, qu'ils se débrouillent?

Le 10 octobre dernier, à Saint-Blaise, les paroissiens de l’Entre-deux-lacs ont répondu à l’appel du défi Michée 2010 en s’associant en prières et en actes avec 100 millions de chrétiens du monde entier sensibilisés à la même cause.

Sous l’impulsion des membres du réseau solidarité, qui ont animé le culte avec le pasteur Jean-Philippe Calame, nos mains se sont élevées pour vivre une célébration qui a orienté nos cœurs vers ceux et celles qui souffrent d'un monde qui a du mal à partager ses ressources.


«Laissez-moi vous raconter une méditation tirée du récit de la première multiplication des pains racontée dans l'Evangile de Luc:

Jésus se retira… la foule l’apprit, quitta les villes et le suivit à pied. Il vit une grande foule, en eut compassion… Il les accueillit, et il leur parlait du Royaume de Dieu; il guérit aussi ceux qui avaient besoin de guérison.

Les disciples s’approchèrent et lui dirent: renvoie la foule afin qu’elle aille trouver du ravitaillement, car nous sommes ici dans un lieu désert.

C’est le problème de quelqu’un d’autre… Qu’ils s’en aillent et se débrouillent…

Mais Jésus répliqua: ce n’est pas nécessaire de les renvoyer. Donnez-leur vous-mêmes à manger.

Ils protestèrent: c'est impossible !

Les nourrir – avec quoi? demandèrent-ils. Il faudrait une petite fortune pour les nourrir: cela coûterait l’équivalent de 8 mois de salaire ! Allons-nous y aller et dépenser tout ça?

Chaque année, les Etats-Unis et l’Europe dépensent davantage pour la nourriture pour animaux que ce qui serait nécessaire pour répondre aux besoins de base en matière de santé et d’alimentation de tous sur cette planète. L’Europe dépense plus pour acheter des glaces que ce que coûteraient l’eau potable et des installations sanitaires pour tous; les Etats-Unis dépensent davantage en produits de beauté que le prix de l’éducation primaire pour tous.

Combien de nourriture avez-vous? demanda Jésus. Allez voir.

Que possédons-nous – de façon collective – en tant que Défi Michée? Qu’est-ce que nos Eglises possèdent? Qu’est-ce que je possède?

Nous avons seulement… 5 morceaux de pain et deux poissons.

Apparemment si peu, devant tant de besoins !

Il y a ici un jeune garçon avec cinq pains d’orge et deux poissons.

Un jeune garçon qui ne se rendait pas compte à quel point son petit geste était stupide, face à un besoin écrasant. Un jeune garçon qui était prêt à partager ses faibles ressources avec les autres. Un jeune garçon qui pensait que ça valait la peine d’amener son repas au Fils de Dieu. Un jeune garçon prêt à affronter le rejet/le mépris des adultes.

Une mère qui avait pensé à l’avance. Une mère qui s’était préparée pour les besoins de sa famille. Une mère qui s’était préparée pour une situation d’urgence.

Ni l’un ni l’autre ne sont nommés – mais les deux ont joué un rôle clé dans le miracle par lequel Jésus a donné de la nourriture à 5000 personnes affamées, hommes, femmes, et enfants.

Une femme en marge + un enfant en marge + leur petite offrande + le Fils de Dieu = un miracle.

Mais qu’est-ce que cela (cinq pains et deux poissons) face à cette foule immense ?

Une malchance aussi énorme et de si faibles ressources? Nous avons quelque chose à apprendre de ceux qui ont peu de ressources, mais qui ont la volonté de changer et qui sont déterminés à aider ceux qui sont dans le besoin.

Il les fit asseoir en rangées de 50… Il rompit les pains… et les donna aux disciples pour qu’ils les distribuent aux gens.

Que pouvons-nous apprendre avec le Défi Michée de la participation, des structures et des stratégies appropriées?

Jésus pris les pains, rendit grâces à Dieu et les distribua à la foule…

Le révérend Octavio Fernando, d’Angola, a déclaré: "Donnons à Dieu le peu que nous avons. Il le multipliera pour le profit de notre prochain".

Et ils mangèrent jusqu’à ce qu’ils soient rassasiés».

Anita Payne


PRIERE: «Une prière pour laquelle nous ne sommes pas prêts à faire partie de la solution ne sera jamais exaucée». CB Samuel, ancien directeur d’EFICOR, Inde

On pourrait ne retenir que ce miracle qui a nourrit autant d’hommes et de femmes. Mais il semble qu’il y ait un autre message, peut-être plus essentiel encore, à travers le dialogue engagé avec les disciples. Jésus avait-il besoin des disciples pour réaliser un si grand miracle? Probablement pas. Cependant il les défie («ne les renvoyer pas, donnez-leur vous-mêmes à manger»), il requiert leur participation («combien de nourriture avez-vous?»).

Jésus nous veut artisan avec lui, il veut que nous nous posions cette question «mais comment faire» tout en cherchant des solutions avec lui. Et justement c’était la question de cette journée et de tant d’autres jours: «comment faire face à tant de personnes démunies?». Dans le texte, il y a ce garçon venu avec sa petite corbeille de pains et de poissons, pas grand-chose face à la foule immense devant lui. Il offre ce qu’il a. Et toi Jésus à partir de cette contribution, tu bénis et tu multiplies.

Quel est mon don, quelles sont mes ressources? Ce que je peux offrir pour que tu l’utilises et multiplies plus loin. Quels sont mes 5 pains et mes deux poissons à te donner, croyant qu’avec le peu offert tu continues à faire des miracles.

L'après-midi, nous avons vécu un temps de mobilisation festif avec différents ateliers qui ont permis à chacun de s’engager avec son cœur et ses mains pour un monde plus juste, solidaire et responsable.