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Catégories : spiritualité, religion
Rédacteurs :
Jean-Claude Schwab
Publication : 10 novembre 2009
Mise à jour : 18 novembre 2009

Fragilité de la vie humaine et fragilité de la Planète

Monde fini et fin du monde

«Nous sommes entrés dans l'ère du monde fini» titre Albert Jaccard. Depuis que la crise écologique a déployé tous ses effets, une nouvelle conscience collective est née; nous espérons qu'elle va nous conduire vers une nouvelle manière de vivre en lien avec la planète et de gérer le monde.

Dans quelle mesure pouvons-nous articuler ce changement, cette nouvelle perception de la fragilité du monde avec les perspectives bibliques de l'eschatologie et de l'Apocalypse, de la finalité et même de la fin de l'histoire (II Pierre 5.10-13)?

Cette nouvelle conscience de la finitude de notre monde peut être comparée à la prise de conscience que chacun fait un jour ou l'autre de sa propre finitude. Celle-ci peut provoquer un réveil brutal et conduire à des comportements très différents: sera-ce le découragement, ou la fuite en avant pour oublier ce regard, ou encore un nouvelle prise en charge de sa vie?

Le Psaume de Moïse (90) nous indique une voie par excellence:
Il commence par prendre en compte la radicalité de la finitude humaine: «le temps s'enfuit, il nous manque toujours, nous nous envolons vers la mort,…». Il y aurait de quoi se désespérer.

Comment lutter contre cette fuite inéluctable de notre temps, contre l'évanescence de notre vie?
Le Psaume nous invite alors à «mesurer la valeur infinie de chacun de nos jours», à «goûter quotidiennement la saveur de la tendresse de Dieu». Ce nouveau comportement va ouvrir le champ à une «œuvre durable».

Psaume 90

Tous nos jours disparaissent par ta colère,
et nos années s’effacent comme un murmure
Le temps de notre vie ? C’est soixante-dix ans,

au mieux: quatre-vingts ans pour les plus vigoureux;
et leur agitation n’est que peine et misère.
Car le temps passe vite et nous nous envolons…

Apprends-nous donc à bien estimer nos jours,
afin que notre cœur acquière la sagesse !
Rassasie-nous tous les matins de ton amour,
et nous crierons de joie, pleins d’allégresse, tout au long de nos jours.
Que la tendresse du Seigneur, notre Dieu, repose sur nous tous !
Fais prospérer pour nous l’ouvrage de nos mains !
Oh oui ! accorde à notre œuvre un résultat durable !


Nous pouvons transposer cette expérience au plan collectif, universel: aujourd'hui, la crise écologique met en évidence les menaces qui pèsent sur notre planète. Certains réagissent en enfouissant la tête dans le sable pour ne pas voir l'évidence, ne pas changer, mais continuer à "faire toujours plus la même chose". D'autres heureusement militent pour des changements de comportement au niveau personnel, social, politique,… en espérant que quelque chose change vraiment … avant la catastrophe presque prévisible.

Nous pourrions enraciner cette dernière attitude autrement que dans la menace de la catastrophe imminente:
La conscience nouvelle de la finitude de notre planète peut nourrir un amour de celle-ci, notre amour de la vie, un regard de foi vers le Seigneur de la vie, illuminer notre regard sur le monde et nourrir notre espérance. Ainsi, nous travaillons à sa conservation, non plus sous la menace de sa destruction, ou dans l'amertume contre ceux qui la détruisent sans conscience, mais dans l'amour pour Celui qui l'aime plus que nous, et dans la conscience éclairée que son avenir et le nôtre est «dans ses sa mains», au moins autant que dans la nôtre.


«He's got the whole world, in his hands he's got the whole world»