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Catégories : économie, spiritualité
Publication : 4 octobre 2008
Mise à jour : 3 novembre 2008

«Oui, la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent». 1 Tim. 6.10

Jésus le confirme dans le Sermon sur la montagne: «Nul ne peut servir deux maîtres, c’est Dieu ou Mammon !» Matt.6.24.

Si l’amour de l’argent peut devenir une idole égale au Dieu vivant c’est que ses racines en l’homme sont très profondes: «Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur !» Matt 6.21.
Jésus parle juste dans le deux versets qui précèdent «d’amasser des trésors» soit sur la terre, soit dans le ciel, ce qui exprime sous une autre forme l’amour de l’argent ici-bas, ou le détachement de l’argent pour lui-même et sa mise en service par amour des démunis (19.21).

Or l’argent est plus que l’argent: il permet de tout monnayer, de tout acheter (ou presque):
«le temps c’est de l’argent», «l’argent, c’est le nerf de la guerre», «la puissance de l’argent», «l’arrogance des riches» ; l’argent est le symbole de la richesse qui me protège du manque, de l’humiliation ou de la peur… ; l’argent est du côté des puissants qui règnent, qui savent, qui peuvent… qui vendent et achètent pour s’enrichir encore d’avantage. Avec lui personne est démuni. Avec lui, Dieu devient un luxe, non indispensable…

Daniel Bourguet dans «Les maladies de la vie spirituelle» (Olivétan. 2000) cite les pères grecs de l’église (4e – 6e s.) qui, fondés sur le verset de notre titre, établissaient l’avarice comme la racine de tous les péchés et de toutes les maladies spirituelles nous séparant de Dieu.

J’ajoute que l’avarice révèle la voracité infinie d’un cœur vide, qui veut compenser son manque et ses peurs par ce qui paraît le plus sûr: la richesse, le savoir, la gloire, la puissance, le pouvoir…L’avarice est calculatrice, mais sans générosité. Elle n’est jamais comblée… Nous le savons: Dieu seul comble notre cœur humain.

Les pères grecs avaient remarqué que l’amour de l’argent avait deux pourvoyeurs principaux: la gourmandise et la vaine gloire. Ces trois «passions» sont un peu les mères de toutes les autres maladies spirituelles. Elles risquent d’affecter l’amour qui n’est plus tourné vers Dieu, ni vers le prochain, mais au contraire vers l’argent, le plaisir ou la gloire. La maladie vient d’un déséquilibre, d’un attachement excessif et obsédant à ces trois réalités, qui ne sont pas mauvaises en soi. L’argent est ainsi excellent serviteur, mais très méchant maître, de notre cœur.

La guérison de tous les maux, c’est la grâce donnée en Jésus-Christ ! La démarche de guérison de l‘avarice consiste à appliquer les trésors de grâce divine sur les blessures et les fragilités qui fondent cette passion maladive. Seule la grâce calme ce besoin trop grand et la peur de manquer. Seule la grâce fait revivre dans le cœur la générosité, le détachement matériel pour servir, et l’attention aux plus pauvres.

Alexandre Paris, 2008.