Réseau solidarité

Se ressourcer spirituellement - penser globalement - agir localement

Accueil > Spiritualité > Lire > Extraits de La Cabane
Catégories : spiritualité
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 25 mai 2010
Mise à jour : 26 septembre 2010

Une image de Dieu inédite et pleine d’inspiration

Lorsqu’il retourne dans La Cabane, où l’on a retrouvé la robe entachée de sang de sa fille disparue suite à un enlèvement, Mack, le père de l’enfant, y rencontre une grosse femme noire qui se révélera être rien de moins que la première personne de la Trinité! «Apparaître à toi sous la forme d’un grand-père blanc à longue barbe ne ferait que renforcer tes stéréotypes religieux», explique-t-elle.

Le deuxième habitant de la Cabane est un homme en jeans, outils à la ceinture, visiblement originaire du Moyen Orient. Il se présente comme Jésus et la troisième personne, Sarayu, à la grâce et la légèreté d’une danseuse asiatique, sera une figure du Saint-Esprit.

Les entretiens que Mack aura avec chacun d’eux durant ce week end hors du temps fera de lui un homme nouveau. Et à nous, ils nous offrent la chance de percevoir des facettes du divin sous des traits que nous n’avons peut-être jamais perçus, porteurs d’une grande consolation.


Extraits…

Etat relationnel – cercle relationnel, exempt de toute hiérarchie

Jésus:
- Nous formons un cercle relationnel non pas une voie hiérarchique, ou une «grande chaîne humaine» pour parler comme tes ancêtres. Tu es témoin ici d’une relation où n’intervient pas le moindre jeu de pouvoir. Nous n’avons aucun besoin de dominer les autres, car nous recherchons toujours le bien commun. Une voie hiérarchique n’aurait aucun sens pour nous…

Dès lors qu’une hiérarchie existe, il faut des règlements pour la protéger et l’administrer, puis des lois pour assurer l’application de ces règlements, et le résultat est forcément une organisation ascendante qui détruit les liens au lieu de les promouvoir.

Les humains ont opté pour l’autonomie, au détriment de l’état relationnel. Il est rarissime que des êtres humains soient témoins d’une relation d’où le pouvoir est absent. La hiérarchie impose ses lois et ses règles, si bien que vous passez à côté de l’état relationnel auquel nous vous avions destinés.

L’autorité n’est que le prétexte dont se servent les forts pour obliger les autres à se conformer à leurs exigences. Vous pensez que Dieu fonctionne comme vous au sein d’une relation d’ordre mais ce n’est pas le cas.

Nous t’avons créé toi, l’humain, pour que tu sois en relation d’intimité avec nous, pour que tu participes à notre cercle d’amour.  Il n’y a pas de place dans notre relation pour le rendement et le désir de plaire.
[…]
Vous les humains, vous êtes si petits à vos propres yeux. Vous n’êtes pas conscients de votre rang dans la Création. Puisque vous avez choisi la voie dévastée de l’indépendance, vous entraînez toute la Création derrière vous et nous ne vous en rendez même pas compte.
[…]
Imposer une volonté, voilà précisément ce que l’amour ne fait pas. Nous sommes soumis les uns aux autres, nous l’avons toujours été et nous le serons toujours. La soumission n’a rien à voir avec l’autorité ou l’obéissance et tout à voir avec l’amour et le respect. En fait, nous te sommes soumis exactement de la même façon.
- Comment est-ce possible? fit Mack, tout surpris. Pourquoi le Dieu de l’univers voudrait-il se soumettre à moi?
- Parce que nos voulons que tu te joignes à nous dans notre cercle relationnel. Je ne veux pas d’esclaves. Je veux des frères et des sœurs avec qui partager la vie.

Le monde est endommagé parce qu’au jardin d’Eden vous avez préféré l’affirmation de votre autonomie à l’état relationnel qu’il y avait entre nous.


Institution et hiérarchie

Mack à Jésus:
- Tu parles de l’Eglise comme d’une femme dont tu es amoureux; je suis certain de ne pas la connaître. Elle n’est certainement pas là oû je vais le dimanche…
- Mack tu dis ça parce que tu ne vois pas au-delà de l’institution, du système conçu par les humains. Ce n’est pas ça que je suis venu construire ici. Ce qui compte pour moi, ce sont les gens, leur vie, la communauté vivante de tous ceux qui m’aiment, et non pas des édifices et des rituels.

Tout tient aux relations et au partage de la vie. Il te suffit d’être ouvert et disponible à ceux qui t’entourent. Mon Eglise, c’est l’ensemble des êtres; la vie ce sont les relations entre eux.

…Il n’est pas nécessaire que tu comprennes tout. Contente-toi d’être avec moi.

…La machine religieuse peut avaler tout le monde, si bien intentionnée soit-elle ! Beaucoup de ce que l’on fait en mon nom n’a rien à voir avec moi et va même souvent à l’encontre de mes desseins.

Mack:
- Tu n’aimes guère la religion et les institutions ?

- Je ne crée pas des institutions; je ne l’ai jamais fait et je ne le ferai jamais.

C’est une occupation pour ceux qui jouent à être Dieu. La religion ne me passionne pas tellement. La politique et l’économie non plus.
[…]
Mack:
-  Je ne suis pas certain de pouvoir simplifier ma vie comme tu le demandes. Je suis prisonnier du même désir de pouvoir que le reste du monde. La politique, l’économie, les structures sociales, les factures, la famille les engagements… tout cela peut en venir à nous dépasser. J’ignore ce qu’il faut faire pour y mettre fin.

- Personne ne te le demande. Ca c’est la responsabilité de Sarayu (Saint-Esprit) et elle sait comment y parvenir sans brutaliser personne. C’est un lent processus, ce n’est pas un événement. Tout ce que je voudrais , c’est que tu aies confiance en moi autant que tu pourras, et que tu grandisses en aimant les personnes de ton entourage du même amour que je partage avec toi. Ce n’est pas à toi de les transformer ou de les convaincre. Tu es libre d’aimer sans arrière-pensée.


Tous les chemins mènent à Dieu?

Jésus posa une main sur l’épaule de Mack.
- L’ordre du monde est tel qu’il est. Les institutions… Mais je peux te rendre libre de te dissocier des structures de pouvoir qui chercheraient à t’enfermer, que celle-ci soient religieuses, économiques, sociales ou politiques. Tu apprendras à vivre librement à l’intérieur ou en dehors de toutes sortes d’institutions, et à te déplacer librement parmi elles. Ensemble, toi et moi, nous pouvons y être sans en faire partie.

Mack songe à ses amis qui se sacrifient à la religion et au patriotisme.

Jésus:
-  Mack, je les aime. Et les jugements que tu portes sur certains d’entre eux sont erronés. Ne crois-tu pas que nous devrions trouver des façons d’aimer et de servir ceux qui sont à l’intérieur de ces structures et qui en font partie? N’oublie pas que les êtres qui se connaissent vivent et aiment librement, sans aucun ordre du jour.

M: - C’est cela, être chrétien?

J:- Qui parle de christianisme? Je ne suis pas chrétien!

…Ceux qui m’aiment proviennent de toutes les religions et idéologies existantes, qu’ils soient bouddhistes ou mormons, baptistes ou musulmans, démocrates ou républicains, qu’ils exercent ou pas leur droit de vote, qu’ils assistent ou non à l’office dominical ou qu’ils soient membres ou pas d’une institution religieuse. Certains de ceux qui me suivent sont des meurtriers ou des vaniteux, d’autres, des banquiers ou des bookmakers; ils sont américains et irakiens, juifs et palestiniens. Je n’ai aucune envie d’en faire des chrétiens, mais je veux les accompagner tout au long de leur transformation en fils et filles de Papa, en mes frères et sœurs, en mes Bien-Aimés.

M: - Veux-tu dire que tous les chemins mènent à toi?

J: - Pas du tout. La plupart des chemins ne mènent nulle part. Mais cela veut aussi dire que je peux emprunter n’importe quel chemin pour te trouver...

Tu es libre d’aimer sans arrière-pensée.