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Mise à jour : 11 avril 2008

Cet Israël qui nous a fait rêver

Ce titre exprime les sentiments de beaucoup d’entre nous. On a admiré ces Juifs de retour dans leur pays d’origine pour y faire «refleurir le désert» et y établir une démocratie modèle. Au fil des années, la réalité n’a pas été fidèle à l’image première. Certes le nouvel Etat devait se défendre contre des voisins qui contestaient sa présence, mais il profitait de la guerre pour conquérir une partie du territoire attribué aux Palestiniens, dont beaucoup devenaient des réfugiés, des villages avaient été détruits. Suivait une dure occupation, des colonies partout, les attaques contre Gaza, l’enlèvement de dirigeants du Hamas élus démocratiquement. A quoi s’ajoute cette guerre destructrice contre le Liban.


Les jeter tous à la mer


En Palestine vit depuis des siècles une population arabe, musulmane mais aussi chrétienne. Avec le sionisme, arrivent des Juifs et peu à peu, la vieille population se sent envahie par ces arrivants d’une autre culture. En 1948, l’ONU décide le partage du pays; l’Etat d’Israël est proclamé. Tollé dans les Etats arabes, qui parlent de jeter les Israéliens à la mer. Mais les différents conflits, puis les intifadas, ces tentatives des Palestiniens de se révolter contre l’oppresseur, n’aboutiront qu’au rétrécissement de leur territoire et à une vie toujours plus dure, pour arriver à cette population humiliée, harcelée, réduite souvent à l’indigence.


Celles et ceux qui luttent pour la paix

Des deux côtés et à toutes les époques il y a eu des gens qui recherchaient une paix juste pour tous. Le livre de Sumaya Farhat-Naser: «Le cri des oliviers» sous-titré «Une Palestinienne en lutte pour la paix» en donne un exemple remarquable. Il témoigne des conditions de vie en territoires occupés, mais aussi et surtout des rencontres entre femmes palestiniennes et israéliennes de 1988 à 2002. Elles poursuivent un dialogue difficile qui ne cache pas ce qui les sépare ni ce qui les unit dans la recherche d’une paix juste. Autre exemple, celui de Rabin. Cet ancien chef de guerre israélien sera, comme premier ministre, un des initiateurs des négociations d’Oslo. Il sera assassiné en 95 par un extrémiste religieux juif alors qu’il s’exprimait à Tel Aviv lors d’un grand rassemblement pacifiste.


Obstacles et espoir sur le chemin de la paix

En Israël, deux éléments font obstacle à la paix. D’abord le souvenir de siècles de rejet culminant dans l’holocauste, réactualisé par les rapports difficiles avec les Palestiniens. D’où la conviction que leur seule source de salut est dans la force et l’importance de l’armée. Autre élément qui contamine l’accueil de l’autre et l’acceptation d’une paix juste: c’est l’interprétation, soutenue par les extrémistes religieux, selon laquelle, Israël, peuple élu, a droit, aujourd’hui encore, à cette terre dans son entier.

Après les offensives meurtrières contre Gaza et le Liban, la paix semble plus éloignée que jamais. Pourtant dans le monde arabe et palestinien, une large majorité, même au sein du Hamas, est désireuse de conclure un accord de paix avec Israël; mais une minorité fait tout pour l’empêcher. En Israël, des voix minoritaires disent: la seule issue, après toutes ces années de guerre, est de négocier avec les Palestiniens en étant équitable avec eux. Se trouvera-t-il en Israël des forces politiques capables de saisir ces fragiles opportunités de paix? Quant à nous, malgré le spectacle de tant d’injustices, veillons à ne pas nous laisser gagner par des sentiments d’animosité contre Israël.

Maurice Reymond