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Catégories : social, culture, économie
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 2 février 2012
Mise à jour : 14 février 2012

Microcrédit à Kinshasa ?

A Kinshasa, en automne 2011, dans le cadre des ateliers de l’Accojed, j'ai rencontré des personnes qui vivent dans un grand dénuement. Certaines cherchaient du soutien pour lancer des petites entreprises d’auto-prise en charge. Je demandais: «Le microcrédit ne serait-il pas une voie pour réaliser ces projets?» On me répondait: «Il y a eu un mouvement dans ce sens, mais l’expérience n’a pas été positive et a abouti au surendettement des clients.»

MICROCRéDITPar contre j’avais des échos d’une entreprise de microcrédit née en 2004 à Bunia qui fonctionne très bien. Aujourd’hui 3'000 femmes en sont bénéficiaires et actrices. Sa fondatrice, Fanny Uketi vivant à Genève, je suis allée l’interviewer. La première chose qu’elle me dit: «La motivation, la détermination des acteurs et le système appliqué comptent beaucoup pour le résultat. Mais, au-dessus de tout, dans notre cas, c'est la présence visible de Dieu dans le personnel fiable et dans notre organisation qui a été déterminante».

Ce qu’elle m’a raconté était fascinant. Je l'ai noté en détail, dans le but d'en faire une plate-forme d'échange avec les amis de Kinshasa et d'ici.

Poser la pierre angulaire au départ

Ce que Fanny me disait en pensant à Kinshasa: «Il ne faut pas avoir peur de commencer en tout petit: avec un ou deux groupes de cinq bénéficiaires et un capital minimum. Vivre une première expérience et voir comment elle évolue. Le plus grand test c'est de voir si les femmes bénéficiaires remboursent régulièrement l'emprunt pendant les cinq premiers mois et s'il se trouve un ou une responsable capable d'assurer une administration saine».

L'essentiel serait de trouver des cadres intéressés à lancer le mouvement et de trouver une personne compétente pour poser les bases, former et encadrer les candidats au microcrédit.
L'idéal serait de repérer des personnes qui sont déjà initiatrices de petits projets, qui ont une petite activité et d’encourager leur développement.

Beaucoup de questions se posent

  • L’expérience de Bunia peut-elle fonctionner à Kinshasa et y a-t-il des personnes qui en auraient la vision?
  • Où sont ces personnes? Peut-il se créer une synergie entre elles?
  • Et nous, à partir de la Suisse pourrions-nous être ferments d'espérance et catalyseurs de leur projet sans court-circuiter l’initiative locale et créer de la dépendance?

Ce n'est pas l'argent qui doit être le point de départ, c'est «les bonnes personnes au bon endroit». Nous ne pouvons que lancer une amorce, proposer des contacts à nos amis de Kinshasa. Tout dépendra de leur volonté de prendre la balle au bond. La balle est lancée...

«Priez le Maître d’envoyer des ouvriers dans sa moisson»