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Catégories : environnement, écologie
Rédacteurs :
Edouard Clottu
Isabelle Clottu
Publication : 5 juin 2008
Mise à jour : 11 juin 2008

A Thielle-Wavre (NE), Edouard Clottu est l’un des rares paysans de la région à pratiquer l’agriculture bio


Les figuiers lourds de fruits accueillent le visiteur à l’entrée du domaine. Mais la ferme des Clottu,à Thielle-Wavre (NE), ne se donne pas au premier regard. On n’aperçoit d’abord qu’un enchevêtrement de verdure, puis les façades et le toit en Eternit de cette curieuse construction des années septante.

Pour atteindre les vergers où Alice, 2 ans, Siméon, 4 mois et demi, aussi blonds que les blés, s’amusent à la cueillette des pommes, il faut se frayer un passage au milieu d’herbes de toutes sortes. Le domaine d’Edouard Clottu ne se distingue pas uniquement par son architecture atypique. C’est aussi l’une des rares exploitations de la région à s’être tournée vers la production bio.

Un agriculteur biologique et optimiste
Homme élancé à la fine barbe, le Neuchâtelois avait commencé par exploiter la ferme familiale de manière traditionnelle, avant de se tourner vers l’agriculture biologique en 1998. De manière intuitive. «Je n’ai jamais été un grand utilisateur d’engrais», confie ce grand optimiste.
Et de l’optimisme il en faut, car le biologique c’est faire confiance à la nature. Aucun produit chimique n’est toléré, ni engrais, ni herbicide, ni insecticide, ni fongicide. Pour le bétail, c’est la détention en plein air, même l’hiver.

Contrôler la nature plutôt que laisser faire
Pour autant, «il ne s’agit pas de laisser faire la nature, mais de la contrôler. De prévenir les problèmes aussi, car quand le mal est là, on ne peut plus rien.» D’où une grande rotation des cultures avec des prairies temporaires qui reposent le sol durant trois ou quatre ans. Contre les limaces, «le fait de ne pas utiliser d’insecticides laisse aussi en vie leurs prédateurs! C’est un tout autre équilibre.
Quant aux têtes de bétail, elles sont une quarantaine. Ainsi qu’une dizaine de chèvres qui se rendent utiles à l’alpage. Sur les hauteurs de Cornaux, un ancien pâturage qui s’était reboisé a été délesté de ses arbres pour favoriser la biodiversité de ce coin de flore subméditerranéenne. Les chèvres broutent pour éviter le reboisement.

Edouard Clottu produit moins, mais mieux
Autour de la ferme, le troupeau de Simmental vit en famille sous l’oeil vigilant d’un imposant
boeuf blanc. Agé de 2 ans, c’est pour lui le dernier moment de faire la loi: il est bientôt prêt pour l’abattage.
Exclusivement nourris à l’herbe du domaine, les veaux bio mettent un an de plus que leurs cousins conventionnels pour atteindre la taille idéale. «En grandissant lentement, ils donnent une bonne viande, explique Edouard Clottu. Qui sera aussi vendue plus chère.»
Les produits du Neuchâtelois, membre de l’Association du boeuf de pâturage bio, sont reconnus par Le Bourgeon et Migros Bio.

«Je produis moins, mais mieux.» Edouard Clottu s’avoue un paysan heureux. «La demande est grande; il n’y a pas de surproduction.» Isabelle Clottu, sa femme, a toutefois gardé son travail à 60% comme webpublisher.
Autre originalité de la famille, elle habite dans le village d’à côté, à Saint-Blaise. A la ferme vivent les parents d’Edouard. Qui ont bien accepté l’option bio qu’a prise leur fils. «Ils voient que ça fonctionne!»


Article tiré du supplément de MIGROS Magazine sur le développement durable - 2007

Rédaction : I. Kottelat - Photos : P. Montavon