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Catégories : environnement, écologie, politique
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 7 décembre 2008
Mise à jour : 29 avril 2010

Le fennec et la Terre

Et en pleine crise financière et économique qui fait trembler toute la planète, l'écologiste Pierre Rabhi publie chez Actes Sud Manifeste pour la terre et l’humanisme.

Sonia Zoran l'a rencontré dans les Cévennes ardéchoises pour l'émission «Comme un soleil», diffusée le 23 novembre 2008 par la RSR.

Elle invite à voir de près cet homme qui chemine depuis longtemps… à partir de son oasis tout à fait particulière. Enfant du désert et du déchirement avec une double éducation française et algérienne, il est devenu un pionnier de l’agriculture biologique, invité régulièrement au Sahel pour chercher des alternatives au productivisme sans issue. Des convictions fortes il en a… Il a fait mai 68 tout seul avec dix ans d’avance et a quitté les usines de Paris pour un coin de terre aride où installer quelques chèvres.

Dans la ferme qu’il a monté à partir de rien dans les Cévennes, Pierrre Rahbi s’est toujours limité à 30 bêtes en dépit du productivisme qui le poussait à en vouloir toujours plus. Il a choisi une forme d’auto-limitation, comme règle de vie: ne pas trop outrepasser le nécessaire pour ne pas tomber dans l’excès ou le superflu. Il a refusé de transformer sa ferme en «pénitencier qui travaille pour un rendement maximum qui va finalement enrichir les banquiers et l’industrie des machines tout en l’aliénant de sa liberté».

Il défend la sobriété heureuse, l’auto-limitation par rapport à la production et à la consommation. Dans une société productiviste, freiner est un acte subversif. Voici quelques phrases de son cru que j'ai retenues: «Cultiver son jardin devient un acte politique. Celui qui cultive un petit coin de terre, cultive la terre entière. C’est un acte qui l’universalise. Avant de chercher à changer le monde, il faut le ré-enchanter. Il faut méditer sur la vie, sur une graine, sur l’intelligence de vie qui est inscrite dans chaque variété. Le processus de germination est une source constante d’émerveillement».

Les mythes de la modernité sont fondés sur l’aliénation humaine. Nous sommes indexés sur l’argent. Quelqu’un qui n’a pas d’argent n’existe pas. La crise actuelle va mettre en évidence qu’avoir un lopin de terre, de l’eau est une valeur essentielle.

La sobriété heureuse consiste à apprendre à faire moins. C’est dans l’intime de lui-même, que chacun a le choix d’être juste dans le moins. Plutôt que doubler son cheptel pour gagner plus, savoir mesurer ce qui est nécessaire et appliquer le principe d’auto-limitation est source de liberté. Avoir ce qu’il faut pour vivre tout en étant dans une certaine pauvreté est source de sérénité. Dès qu’on cherche à hausser son degré de satisfaction sans jamais y parvenir, on entre dans le manque – quelle que soit notre fortune.

Quelques phrases-clé:

  • Il faut toujours être dans une politique d'auto-régulation
  • Méditez sur une graine: elle a un programme intelligent
  • Quand on soigne un morceau de terre, on soigne la terre entière… Cultiver mon jardin est un acte politique qui m'universalise.

Si vous voulez prendre une belle leçon de bon sens, nous vous encourageons à prendre une heure pour écouter l'entretien savoureux de Sonia Zoran et Pierre Rahbi.

Ecouter l'émission