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Catégories : social, culture, économie, environnement
Rédacteurs :
Jean-Claude Schwab
Publication : 31 octobre 2008
Mise à jour : 10 novembre 2008

La simplicité volontaire

Résumé d’un article d’André Beauchamp dans Chair et Souffle 2/2008.

Introduction

De plus en plus de gens cherchent à changer leur rapport à la consommation, par une forme de simplicité volontaire… au point qu’ils se sont structurés en mouvement, avec site Internet, littérature, etc.
La simplicité volontaire n’est pas la résignation devant une contrainte, mais un choix, un projet délibéré; elle n’est pas non plus un ascétisme, car elle ne fuit pas le plaisir, mais elle le cherche autrement que par les voies qu’offre la société de consommation. C’est plutôt un art de vivre autrement qui cherche à briser la société de consommation de l’intérieur, sans la quitter. Elle n’est pas non plus un mouvement religieux, même si les dimensions religieuses y abondent, ni d’abord une cause environnementale, même si les liens et les motivations de ce type y sont souvent explicites. Elle vise une consommation responsable et un commerce équitable.

Se désaliéner de la société de consommation

Ce qui conduit au passage à la simplicité volontaire, c’est la prise de conscience de la situation d’aliénation de la société de consommation. Celle-ci conduit à vivre pour consommer, plutôt que consommer pour vivre. Elle nous prescrit des comportements qui nous aliènent; on ne peut plus jouir de ce qu’on achète, tellement on en a…
Par la simplicité volontaire on cherche à profiter autrement de la vie, et à se libérer des diktats inconscients du système de publicité et de la consommation. Alors, tout y passe: l’approvisionnement de proximité, le passage au bio, au temps partiel, le logement, la voiture, le style de voyage, le recyclage, etc. On y préfère la coopération à la compétition, la lenteur à la vitesse, le don, le prêt ou encore le partage.

La médiation du groupe

Pour opérer le passage à ce style de vie et tenir sa décision, on a besoin d’un groupe d’appui, d’un lieu d’échange, de discussion, de conférences, où l’on peut approfondir la pensée critique et garder la ferveur et la joie. Car pour tenir, il faut penser simple et léger, et se défaire des images de la société environnante. Ces groupes sont porteurs d’une transformation à venir, mais déjà présente dans l’action. Ils portent en eux une espérance d’un changement de société, au niveau de l’environnement et de la justice sociale.

La consommation responsable

Les adeptes de la simplicité volontaire mettent le doigt sur la plaie et veulent promouvoir une consommation responsable. La crise écologique est prise au sérieux. Si dans les années 60-70 la critique portait sur la démographie galopante et la pollution, aujourd’hui c’est plutôt l’épuisement des ressources qui en fait l’objet, avec la hausse constante de la consommation et sa diffusion. On sait que le niveau de vie de l’Occident n’est pas généralisable à toute la planète, ni durable, et qu’un jour vient où il y aura rupture de stock (pétrole, gaz, charbon, eau douce, bois, sol cultivable, diversité biologique). Nous n’avons aucune chance de nous en sortir si nous ne changeons pas de valeurs!

Le commerce équitable

A côté de la consommation responsable, vient le commerce équitable qui contredit les forces de l’économie globalisée dont la logique détruit les cultures vivrières des pays en développement et pousse leurs travailleurs agricoles dans une dépendance et une insécurité sans pareille. Avec une critique de l’industrie agroalimentaire et par la promotion du commerce équitable, on organise des circuits parallèles pour s’assurer d’un salaire équitable aux producteurs de base. Il s’agit donc de trouver des modes d’épanouissement collectifs qui ne privilégient pas un bien-être matériel destructeur de l’environnement et du lien social.

Conclusion

La simplicité volontaire  est un mouvement prophétique plutôt qu’une recherche ascétique, ou le simple passage de l’avoir à l’être, car il met en œuvre d’autres manières de vivre, de consommer, de faire société.
Il faut toutefois rester vigilant pour ne pas se faire simplement récupérer par la société démocratique dans ses franges, mais rester le germe d’une société vraiment nouvelle.