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Catégories : environnement, écologie, sol
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 18 août 2008
Mise à jour : 21 avril 2009

Extraits du livre de Dominique Louise Pélegrin, Ed. Autrement

Ciel ! ma prairie

Aventures paysagères

qui témoigne de l'expérience d'un groupe d'agriculteurs qui se dégage des pressions de l'industrie agroalimentaire...

Qu'arrive-t-il à la prairie? Le maïs l'étouffe, la broussaille  l'enserre, le bitume la consume. Elle disparaît, mais on n'en a jamais autant rêvé. Elle contient nos réserves de plaisir et d'imagination, d'aventure et de santé.

Oui, tout semble aller de mal en pis pour la prairie avalée par tous ses prédateurs…
L’intensification des cultures céréalières est responsable de la raréfaction et de la disparition de la faune et de la flore sauvage, de la dégradation des sols, de la détérioration de la qualité des eaux souterraines, de la destruction des paysages et de la disparition de bon nombre d’exploitations alsaciennes.

Mais on découvre que la prairie a de la repartie et qu’elle est toujours prête à repartir – là où l’attention à son indispensable diversité suscite des projets, des espaces et des conditions pour refleurir. En voici un exemple:

Suite à la sécheresse des années 1990-92, des agriculteurs en difficulté dans le Haut-Bocage dans le nord des Deux-Sèvres se posent des questions. La banque et les techniciens agricoles font toujours la même proposition: on leur conseille de mettre presque toute l’exploitation en céréales pour toucher le maximum de primes. (Les agriculteurs ont le même problème que les médecins: l’information dont ils disposent est le plus souvent orientée et contrôlée par des industries très puissantes, que ce soit dans l’agroalimentaire ou dans la pharmacie.) Ce n’est pas facile de se rendre autonome des grands groupes qui ont le monopole des semences et des engrais.

Désireux de trouver une alternative, certains agriculteurs se constituent en association «Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural du Haut –Bocage» Ils se tournent vers un grand précurseur, André Pochon, un éleveur breton, auteur des Sillons de la colère, propagateur infatigable du retour des vaches à l’herbe. C’est l’herbe qui permet de faire des beaux rendements, n’a cessé de clamer André Pochon depuis les années 1960.

Ils découvrent qu’on peut non seulement utiliser toute l’herbe mais favoriser sa repousse plus rapidement en rationalisant l’usage des pâturages et la manière dont on y met le troupeau. Et faire ainsi l’économie de l’engrais et des encouragements chimiques. Et – paradoxalement - on obtient un meilleur rendement avec moins de frais et moins de travail ! Et en plus l’environnement et la santé en sortent gagnants !

Bien sûr de tels exemples sont minoritaires et le recours au biocarburant va encore augmenter la pression. Et pourtant les signes montrent que tout est prêt pour que ça bouge: la multiplication des contrats de vente directe entre producteurs et consommateurs, la réticence majoritaire à l’égard des OGM, l’intérêt pour les produits BIO montrent clairement que les consommateurs et les producteurs prennent conscience de leurs intérêts communs.