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Catégories : environnement, social
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 18 août 2008
Mise à jour : 23 août 2008

«Moutons rebelles»

Ardelaine, la fibre du développement local, Ed. Repas, 2003

Au-delà du témoignage de la reconstruction et de la remise en activité d'une filature en ruine, ce livre montre comment chacun, même dans les situations les plus improbables et surtout s'il ne le fait pas seul, peut reprendre du pouvoir sur sa vie. Trouver les voies pour se libérer des incohérences économiques et de leur influence est finalement plus fécond et plus enthousiasmant que de s'appesantir dans la critique et dans le négativisme.

Alors qu'ils étaient déjà engagés dans la reconstruction du Viei Audon, Gérard et Béatrice Barras ont mis en œuvre un autre projet: restructurer la filière laine en Ardèche. L'ambition n'était pas mince, alors que, en 1975, les délocalisations vers les pays à bas salaires allaient déjà bon train dans le textile. C'était un sacré défi, pour un architecte et une orthophoniste qui ne connaissaient rien à la laine et encore moins au mouton. D'autant qu'ils voulaient démontrer «qu'on peut créer une entreprise qui échappe au pouvoir financier et qu'il est possible de travailler autrement».

Résumé

L’histoire commence en 1975, lorsque Béatrice et Gérard Barras découvrent, à Saint-Pierreville, la dernière filature ardéchoise, tombée en ruine. Dorénavant, leur vie s’organisera autour d’une ambition: relancer la filière laine dans la région.

Défi improbable dans ce milieu rural «désertifié» et alors que la laine n’a plus de valeur ! Avec trois amis, sans le sou, ils entament la rénovation des bâtiments, misant sur leur travail, l’autonomie et le partage des moyens. Le projet prend forme, au rythme de leurs rencontres et de leurs apprentissages (techniques, production d’énergie...). En fonction aussi de leur capacité de travail.

D’autres personnes s’impliquent et la production démarre: Ardelaine devient une société coopérative ouvrière de production (Scop). Ce statut colle au projet et permet de ne pas transiger avec les objectifs initiaux: solidarité, autonomie, intérêt pour le développement local... Vingt ans plus tard, Ardelaine emploie une trentaine de personnes et commercialise une large gamme de produits: matelas, vêtements, literie...

Une boutique en ligne explique la démarche et permet de passer commande:

«Nous tondons, cardons, filons, tricotons la laine d'Ardèche pour en faire des vêtements, matelas, couettes, oreillers... Nos procédés de fabrication sont respectueux de l'environnement.
Notre entreprise est une coopérative de développement local qui s'inscrit dans une économie solidaire.»

 

 www.ardelaine.fr

«Au delà du témoignage, les associés d'Ardelaine nous invitent à revisiter l'ensemble des enjeux sociétaux auxquels nous sommes tous quotidiennement confrontés: le salaire, l'entreprise, le capital, la concurrence, la qualité, la consommation, l'équité, le travail, la place de l'art et de la culture, la désertification rurale, etc.» JF. Draperi.

Valorisant la filière, un «musée vivant» accueille, sur le site, plusieurs milliers de visiteurs tous les ans. Le développement local, économique et culturel est là !

C’est Béatrice Barras, une des cofondatrice de l'entreprise, qui raconte avec passion les trente ans de développement d’Ardelaine depuis l’acquisition de la filature de Puausson jusqu’à la mise en place de l’extension du musée de la laine et du mouton en passant par la création des différentes productions et leur commercialisation.

Les difficultés du démarrage, la mobilisation des moyens financiers quasi inexistants au départ, la construction de l’équipe de coopérateurs, la maîtrise de la croissance et le respect des choix de «produire et fonctionner autrement».

Les relations avec le village, sont présentées au fil des années et l’on a envie à chaque page de savoir comment cette aventure va se poursuivre
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