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Catégories : écologie
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Publication : 5 septembre 2009
Mise à jour : 18 octobre 2009

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Yann Arthus-Bertrand à la réalisation, Luc Besson à la production et François-Henri Pinault (groupe PPR) aux finances ont donné naissance à un film 100% écolo, entièrement vu du ciel, qui dresse un constat implacable sur l'état de notre «home» à tous, la planète.

Le constat, en quelques mots: en 200'000 ans d'existence, l'homme a rompu l'équilibre naturel qui régnait sur Terre depuis 4 milliards d'années. On épuise la planète, on menace tous les cycles de la vie et «le visage aimé de notre Terre».

…ou HOMEless?

Si on aime la terre et que l'on se sent concerné par les menaces qui pèsent sur l’avenir de la planète, on ne peut que se réjouir qu’un film-événement d’une telle envergure ait vu le jour et puisse être diffusé à si large échelle. L’interpellation est claire:

  • «Nous avons 10 petites années pour inverser la situation»;
  • «Il est trop tard pour être pessimiste»;
  • «Ce que nous savons, il faut le croire».

Je me réjouissais de voir ce film et pourtant j'ai dû me forcer pour le regarder jusqu'au bout. En montrant de loin et de haut cette chère planète en train de s'épuiser, en survolant les merveilles des continents, en montrant «le visage aimé de notre Terre» sans nous faire voir le moindre visage humain, la caméra m'a laissé face à un monde impersonnel. Il s'y ajoutait la musique anxiogène, le commentaire accablant, malgré la beauté époustouflante des images, c'était presque insupportable.

A la fin de la projection, je me suis sentie aussi mal qu’un petit enfant à qui on annoncerait la mort imminente de sa mère. On lui ferait voir son agonie: un corps sans visage dont la vie se retire. On lui dirait qu’il est responsable de cette mort quasi inévitable et qu’il doit faire tout ce qu’il peut pour l’empêcher.

…Et de nouveau cette envie de fuir, de se boucher les yeux (ou de se retourner contre ceux qui nous montrent cette réalité).

…Et de nouveau l’enfermement dans le triangle  «impuissance - résignation - fuite» (voir l'article sur l'écospiritualité).

…Et puis le retour de la lueur d'espérance: la Parole germant au cœur de la nuit, la Parole qui a pris corps et visage de notre terre: Christ «venu chercher et sauver ce qui était perdu». Le Christ ressuscité présent à nos côtés.


Un autre regard
Face à l'énormité des problèmes, sa manière à lui de sauver ce qui est perdu, comment est-elle? Il a toujours pris les moyens les plus faibles et dérisoires aux yeux du monde. Ce qu'il cite en exemple, c’est le grain de moutarde, quelques grammes de levain, la petite pièce d’argent d’une veuve. Tout dans sa vie concorde à nous dire: «C’est dans l’infiniment petit que se cache la puissance de la vie».

C’est cette foi qui nous donnera le goût de nous engager dans le concret des défis de notre temps, d’agir dans la proximité, de rétablir des échanges empreints de compassion. Derrière la beauté impersonnelle des images de «Home», plus haut que cette caméra qui vole si haut, brille le regard d’un Visage aimant, qui cherche et sauve ce monde malade, ce monde qui soupire et souffre les douleurs de l’enfantement» (Romains 8/22).

*Tiré de Michel Egger, Vers une écospiritualité, conférence donnée à Grandchamp pendant le Carême 2009


Voir aussi un autre regard sur ce film dans TEMOINS.