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Catégories : environnement, échanger
Rédacteurs :
Thérèse Schwab
Mark Haltmeier
Publication : 5 mai 2010
Mise à jour : 26 septembre 2010

Coline Serreau lance un sacré pavé dans la mare avec

Solutions locales
pour un désordre global

Un film pour dire à quel point le système agroalimentaire mondial est devenu fou… et comment on pourrait y remédier.

Réalisatrice de comédies populaires (dont «trois hommes et un couffin», «Saint-Jacques... La Mecque») Coline Serreau est aussi une militante génération 68, féministe, écologiste et altermondialiste. Son documentaire sorti ce printemps, «Solutions locales pour un désordre global», elle l’a tourné quasiment seule, mais avec plein de gens formidables.

Quelques propos de Coline Serreau répondant au journaliste Norbert Creutz, publiés dans le Temps du 5 mai 2010:


«Tout est parti d’une conversation avec Pierre Rabhi, filmée à tout hasard avec ma caméra vidéo. Une rencontre a amené l’autre, et pour finir, l’envie s’est imposée de brosser un tableau global de cette agriculture mondialisée délirante. Ce film a grandi de manière très organique. Du pionnier de l’agriculture écologique Pierre Rabhi, au militant pour les semences libres Dominique Guillet, de la pasionaria alter-mondialiste indienne Vandana Shiva à la mamie ant-OGM brésilienne Ana Primavesi, du défenseur de la microbiologie des sols Claude Bourguignon à ce gros agriculteur bio ukrainien, leur parole enchante autant qu’elle consterne.

La question de l’alimentation est à la fois le cœur du problème et le secret le mieux gardé. On a tant cherché à se couper des réalités physiques que toute notre société est devenue tellement «hors sol» qu’il y a un réel risque d’effondrement. Ce ne sont plus les écologistes qui sont les «doux rêveurs», mais bien ceux qui imaginent encore une croissance illimitée dans un monde limité.

Aujourd’hui, un milliard d’humains a faim. Et ce n’est pas l’épuisement des sols, la pollution et la désertification qui vont nous protéger des famines. Alors qu’ils en auraient les moyens, nos pays ne produisent plus leur propre alimentation, ils produisent de l’argent…Mais n’est-il pas irresponsable de fonder notre alimentation sur des importations par camion et par avion alors que le pétrole commence à manquer? De l’autre côté, on a volé des subventions faramineuses pour l’agriculture la plus chère du monde, où vous devez payer les semences, les engrais et l’irrigation. Un système absurde qui accule la majorité des paysans à la faillite, qui rend les gens malades, tue la biodiversité et ne sert qu’à enrichir une minorité. Où est la démocratie là-dedans?

Il faudra changer notre manière de penser, rééquilibrer le pouvoir entre les hommes et les femmes. Seul un peu d’altruisme peut nous tirer de là, comme celui des gens que j’ai rencontrés. Parfois, ils doivent se sentir très seuls. Alors j’espère que mon film sert déjà à cela: créer des liens entre toutes ces énergies qui œuvrent dans le bon sens».


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